Rue Frontenac - Cinq gais parmi les 35 victimes de meurtres de 2010






Cinq gais parmi les 35 victimes de meurtres de 2010 PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Faits divers
Écrit par Daniel Renaud   
Jeudi, 09 décembre 2010 18:23
Mise à jour le Samedi, 11 décembre 2010 16:12

C’est l’un des constats étonnants qui se dégage des statistiques des meurtres commis jusqu’à maintenant à Montréal, en date du 6 décembre. Sur 35 homicides, cinq victimes sont des homosexuels, soit près de 15 %. À la Division des crimes majeurs de la police de Montréal, on était incapable de dire lundi si une telle série de crimes a déjà touché la communauté homosexuelle de la métropole dans le passé.

Une chose est sûre, chacun de ces meurtres est un acte isolé. Quatre d’entre eux, dont le mobile était la violence conjugale, ont été résolus.

On ignore le mobile du cinquième, dont le ou les suspects courent toujours. La victime, Dany Leblanc, a été poignardée à mort rue Fullum, à deux pas du quartier général de la Sûreté du Québec, le soir du 6 juin. La police n’exclut aucune hypothèse, allant du vol qui a mal tourné au traquenard, en passant par le crime haineux. Mais six mois plus tard, les enquêteurs nagent en plein mystère et ne peuvent privilégier une piste plus qu’une autre.

La victime du premier meurtre de l’année était un homosexuel. Eran Allon, originaire d’Israël, aurait été tué par son conjoint, Michael-Andrew Garreau, le 14 janvier, alors que le couple séjournait dans un hôtel de la rue De Bullion.

Eran Allon et Dany Leblanc (photo) sont deux des cinq homosexuels qui ont été victimes de meurtre cette année à Montréal. Photo d'archives
Le meurtre de Cinthia Toussaint avait particulièrement touché les enquêteurs des Crimes majeurs de la police de Montréal.  Photo d'archives

Le suspect avait placé le corps de la victime dans une valise qui a été trouvée par un itinérant dans un stationnement derrière l’hôtel. Garreau s’est livré à la police le soir même de la découverte du corps. Il aurait tué la victime lors d’une dispute qui a dégénéré. Il a été accusé de meurtre au second degré et reviendra en cour le 11 janvier.

Plusieurs meurtres intra-familiaux

Sur les 35 meurtres commis au 6 décembre, 11 résultent d’une violence conjugale ou d’un problème intra-familial, soit presque un homicide sur trois.

Treize ont été commis à la suite d’un conflit, pour une affaire de stupéfiants ou autre, cinq sont liés au crime organisé, quatre ont les activités des gangs de rue comme toile de fond et deux ont des causes inconnues.

Le commandant Clément Rose est fier du nombre de meurtres résolus cette année par ses enquêteurs. Photo d'archives Luc Laforce

Pour le commandant de la Division des crimes majeurs de la police de Montréal, Clément Rose, les trois principaux faits saillants de cette année sont les trois meurtres et l’enlèvement qui ont frappé le crime organisé italien, le spectaculaire double meurtre commis dans la boutique de vêtements du chef de gang Joseph Ducarme dans le Vieux-Montréal le 18 mars, et le meurtre de Cinthia Toussaint, vraisemblablement assassinée par son ex-conjoint, Mario Romain, le 22 mai. Le corps de la jeune femme de 23 ans a été découvert une semaine après sa disparition, dans un trou d’homme d’une piste cyclable en bordure de la rue Papineau.

« C’est un crime qui nous avait particulièrement touchés », se souvient le commandant Rose.

Une bonne note

Selon l’officier, 74 % des meurtres commis depuis le début de l’année à Montréal ont été résolus. D’autres arrestations pourraient bientôt suivre, améliorant encore les résultats.

Les vols dans les institutions financières, sur lesquels enquêtent également les membres de la Division des crimes majeurs, ont augmenté sensiblement, d’environ 20 %, cette année, passant de 88 en 2009 à 106 cette année, au 6 décembre. Le taux de résolution est de 71 %.

« C’est un bon taux mais je n’ai aucun mérite. C’est le travail acharné de nos enquêteurs et de notre personnel civil. Les gars et les filles ont travaillé fort, malgré les coupures », affirme le commandant Rose.

En revanche, contrairement aux années passées, aucun meurtre non résolu (cold case) n’a été réglé en 2010. La fusion des divisions des homicides et des agressions sexuelles pourrait expliquer, en grande partie du moins, cette situation, selon Clément Rose.

Peu de temps avant l’été dernier, d’importants délais avaient été déplorés par des proches de victimes d’agression sexuelle dans le traitement des plaintes par la police.

« En 2010, plusieurs de nos enquêteurs ont été affectés aux plaintes d’agression sexuelle pour prioriser les victimes. Il est vrai que l’on n’ouvre plus systématiquement les dossiers de meurtres non résolus en raison d’un problème d’effectif mais s’il y a une urgence ou une information importante qui nous parvient, elle sera traitée et le dossier sera rouvert », assure le commandant Rose.

• À LIRE ÉGALEMENT: Les prochains mois détermineront l'année du crime organisé

Commentaires (2)

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???
0
et???
25 de l'étaient pas?
Patriote , décembre 10, 2010
Ca n'.a rien d'étonnant
0
'Quatre d’entre eux, dont le mobile était la violence conjugale, ont été résolus.'

Il y a 5 fois plus de violence conjugale dans les couples homos que dans les couples hétéros. Quoique l'on fasse pour occulter ce fait dans les médias et tenter de projeter une image exemplaire de leur communauté, les statistiques vont nécessairement finir par le ressortir.
Legion88 , décembre 10, 2010

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